Achat d'or : Pièces ou Lingots ?


A l’origine, ces produits sont extrêmement différents.

D’un côté le « tas d’or », d’un kilo, cher, encombrant, non fractionnable.

De l’autre, des pièces, belles, malléables, que l’on met dans sa poche, puis que l’on échange facilement.

Du coup, de manière naturelle et historique, le grand public considère qu’une épargne en or est forcément « en pièces ».


Les pièces : un imaginaire historique solide.

Les anciens achetaient souvent une pièce d’or par mois, et pensaient qu’ils faisaient ainsi la meilleure épargne, sans se préoccuper des cours et des modes : il est vrai que tous ceux qui ont procédé de cette manière n’ont perdu ni leur temps ni leur argent. (Surtout leurs héritiers ….)

Donc, les pièces ont encore une belle « aura » auprès du public. Elles rassurent. Elles sont populaires : tout le monde connait le « Louis » ou le « Napoléon » ou le « 20 francs Marianne ».

Quand on en possède, on répugne à s’en séparer. On pense naturellement que ce n’est pas de l’argent perdu, et qu’en « cas de coup dur », ça aura toujours une valeur …


Seul concurrent originel du « lingot » : l’once.

Vis-à-vis de cette gentille vision de l’épargne en or, qui prédomine dans la France profonde, le lingot joue dans un autre monde : rien qu’en terme de poids, il faut au moins 155 « Napoléons » pour s’en offrir un (et même davantage car le lingot n’a pas le même titrage que la meilleure des pièces…).

Du coup, l’un des bons moyens pour fractionner un achat d’or pur « hors lingot » était l’acquisition d’une « once ». Une once, c’est 31.10 gr. (disons à peu près l’équivalent en poids de 5 « Napoléons »). Cela peut d’autant mieux constituer un excellent produit d’épargne que sa valeur est « cotée » deux fois par jours au fixing, rappelons-le, tant en dollars qu’en euros.


Un nouveau concurrent : le lingotin

Face à ces différents « produits d’épargne en or physique », un récent petit produit se développe : le lingotin.

Le lingotin n’est rien d’autre qu’un mini lingot ou, si l’on préfère cette image assez réaliste, un « lingot en petite coupure ». Ce nouveau format de lingots permet d’échapper au reproche numéro un du « lingot kilo » : son poids, sa lourdeur, son « infractionnabilité ». Il suffisait d’y penser.

Il suffisait d’y penser mais il fallait aussi imposer ce nouveau format d’or fin, qui révolutionne quand même fortement le concept de « lingot », en cela qu’il rapproche l’acquisition d’or pur à des sommes « abordables ». On parle de « démocratisation ».

Désormais, après quelques années de flottement, tous les grands organismes producteurs d’or physique proposent des « lingotins », en 5 gr. 10 gr. 50 gr. 100 gr. voire 250 ou 500 gr.

Mais surtout, avec le lingotin, le produit « or investissement physique » semble avoir trouvé sa bonne maturité car il n’a plus du tout l’image du « sous-produit » ou « d’or du pauvre ».


"Petit lingot" a bien grandi !

En conclusion, à force de manipuler la valeur des pièces avec des « primes » (plus ou moins artificielles), à force de vouloir à tout prix les « grader » en les enfermant dans des coques qui ne permettent plus de les peser, ni de les toucher, on finit par perdre confiance en la valeur réelle des pièces.

Finalement, lorsqu’on veut faire de la pièce un objet « de collection » dont la rareté est une valeur en soi très éloignée de son poids de métal, on ne sait plus de quoi l’on parle.

Si l’on parle de « poids d’or » (et rien d’autre), les gens deviennent méfiants avec les pièces, et on peut les comprendre.

Aujourd’hui, il n’y a de « poids d’or » que « d’or fin » : il faut non seulement du poids, et « du vrai », mais du certifié, du numéroté, du sérieux. Ce poids-là a une valeur énorme car elle est pérenne, universelle, durable.

Que ce soit en France, en Allemagne, au Japon ou en Amérique du Sud, un gramme d’or restera toujours un gramme d’or. Le produit « lingotin » a bien grandi !


Désormais, en matière d’or physique d’investissement, les lingotins, avec leurs innombrables poinçons, leurs « essayages » et leurs « certifications » maximum, s’imposent comme une alternative bien plus crédible que les pièces.